Hey les amis,

Je suis au Monténégro dans un « ensemble de maisons le long d’une route » qui n’a pas de nom… Entre Bar et Pecurice.

La dernière fois que je vous ai écrit, j’étais en Croatie à Gracac, depuis j’ai traversé la Bosnie, je suis arrivé au Monténégro et j’ai fait 550 km ce qui me fait passer aujourd’hui la barre des 3000 km !

Juste après Gracac en Croatie j’ai passé une journée complète à lutter contre les éléments ! Que la nature est puissante quand elle le veut ! J’ai passé un col à 800m d’altitude et arrivés là-haut après 1h30 de montée (en sueur malgré les 11 degrés) j’ai du faire face à un vent terrible. Vous imaginez un vent qui vous fait vous penchez pour marcher et bien moi je devais garder ma trajectoire malgré mes sacoches qui faisaient office de voiles.

Pleurer, crier, chanter, rire, pédaler !

Mais la nature ne m’a pas achevé comme ça ! J’ai utilisé toutes mes forces pour avancer ce qui me réchauffait par la même occasion. En plus de cela j’ai enchainé sur une descente d’une heure en continu à 50 km/h, j’y ai laissé quelques doigts (ne vous inquiétez pas ils sont revenus).

Avec du recul et de belles journées ensoleillées, cette journée a été magnifique, oui !! Je me suis senti vivant, faisant partie de la nature et de même que les animaux, utiliser mon instinct de survie pour résister aux pires conditions.

Mais au bout du chemin il y a de la lumière, je parle bien de la vie ! Ce n’est pas la première fois (arrivée chez Barbara en Italie après deux heures de pluie) n’y même la dernière que je crois en ce « destin ». Et je dis bien y « croire » puisque je ne prédis pas l’avenir, mais quelle force d’esprit cela me procure !

Bref, j’arrête de philosopher, je suis arrivé dans le village de Gradac, je me suis posé en son cœur ; le « market ». Il y avait au moins trois personnes ! J’ai discuté avec une dame en anglais et elle m’a trouvé un hébergement chez un Croate (voici la lumière !). Il m’a acheté à manger et nous sommes allez dans son appartement, on s’est assis et on a regardé la télé, pendant ce temps je mangeais et lui buvait de la bière… Ah oui en Croatie on fume à l’intérieur ! Jusqu’à une heure du matin, il a regardé la télé et a fumé, autant vous dire que la nuit a été compliqué !

Pendant ces quatre jours dans l’arrière-pays croate, j’ai vu beaucoup de maisons abandonnées. Ce sont les vestiges de la guerre des Balkans dans les années 90. J’aurais souhaité en discuter avec un Croate et avoir sa version de l’histoire, mais je n’ai malheureusement pas fait la rencontre adéquate.

Je suis ensuite retourné vers la côte en direction de Split. J’y ai passé deux jours dans une auberge de jeunesse pour me reposer et je retiendrais la citation d’un cycliste unijambiste (valable en voyage et dans la vie quotidienne :

« Arrêtons de dire non, mais remercions les gens qui nous propose à manger, un hébergement, de l’aide… » Cycliste unijambiste.
Trop c’est trop !

Le long de la côte croate entre Split et Dubrovnik, j’ai croisé un nombre incalculable de panneaux « Rooms / Apartments / Zimmer / Sobe ». Je veux dire qu’au moins 80% des maisons proposent un hébergement pour les touristes !

« Im looking for hospitality … But I have no money »

Autant vous dire que cela a été très difficile d’être hébergé. J’ai tout de même réussi à dormir à l’étage d’un atelier de fabrication d’huile d’Olives entre Split et Omis. J’ai discuté avec Franck le responsable d’atelier, d’après lui ils produisent la meilleure huile de toute l’Europe ! Et je le crois, je l’ai gouté, elle est divine ! Leur travail s’effectue sur les mois d’octobre et de novembre et ils sont 11 à travailler dans l’atelier. Franck est ingénieur, il travaille 60h par semaine et il gagne 1000€ par mois, il en est satisfait… Pendant la période estivale, il travaille sur un bateau de croisière pour jeunes Américains et Australiens en tant que mécanicien. Merci à toute la famille de m’avoir accueilli.

Pour le reste la côte est très belle, les côtes sont méchantes, mais j’étais en forme avec une série de trois jours à plus de 100 km !

Ah oui j’allais oublié bamboobike se porte bien !

En discutant avec une amie, elle m’a comparé à un cavalier et le lien qu’il tisse avec son cheval. Il est vrai que je suis très attaché à mon vélo et que j’apprends à le connaitre tous les jours. Je lui fais de plus en plus confiance, il montre une très bonne résistance aux kilomètres, aux irrégularités de la route et à la rudesse du climat (pluie et froid). De mon côté je le traite toujours avec respect en essayant de lui éviter les méchants nid de poule. On tient le bambou, Cambodge on arrive !

J’ai le smile !

Ce voyage j’y pense concrètement depuis un an, mais depuis le lycée j’ai toujours rêvé de voyager. À la différence des voyages de trois à cinq semaines que j’ai faits pendant mon école d’ingénieur, je voulais partir longtemps afin d’avoir le temps de rencontrer les gens et de comprendre leur mode de vie. Ça, c’était mon objectif ! D’une nature plutôt (complètement) optimiste, je me suis dit que tout le monde m’accueillerait et que l’on parlerait de nos vies.

Je me rends compte que cela n’est pas si simple. J’en ressors plusieurs hypothèses ; premièrement étant donné la période hivernale approchant, les journées sont courtes et je suis plutôt pressé d’arriver à Istanbul, car il ne fait pas chaud sur le vélo. Cela me limite donc à insister pour trouver un hébergement et ne m’encourage pas à rester longtemps chez mes hôtes. Une autre idée est que c’est l’automne, tout le monde reste chez soi au chaud. Peut-être il y a une peur de l’étranger en raison des migrants qui traversent les Balkans, j’ai eu une seule fois le sentiment que l’on voulait que je m’éloigne par ce que j’étais un étranger. Je me questionne aussi sur mon attitude envers les gens, suis-je assez ouvert ? Est-ce que je me présente bien et donc inspire confiance ? suis-je assez ou trop insistant pour demander de l’hébergement ?

Fort heureusement je ne suis qu’au début de mon voyage et il me reste deux ans pour y répondre !

Pleins de questions, mais heureusement il y a le vélo !

Pendant mes journées de vélo, je réfléchis à mes expériences passées, je fais des relectures comme on dit à l’Icam (mon école d’ingénieur). C’est très plaisant et cela me permet d’assimiler et donc de me rendre compte de la nature (belle/curieuse/étrange/intéressante) de mes rencontres. Tous les soirs je fais ma méditation, pas vraiment, mais je passe mes soirées assis en tailleur à préparer mon repas, manger et lire.

Je vis mon rêve !

C’est une référence au film « La vie rêvée de Walter Mitty » que je vous invite à regarder c’est un bijou ! Bien sûr je suis heureux, le voyage me rend curieux ; il me fait rencontrer plein de personnalités différentes (du médecin au mécanicien en passant par une artiste, des SDF, des étudiants…) Grâce au sport je suis à l’écoute de mon corps, je pense à comment bien le nourrir, je cherche mon point d’équilibre entre effort et repos et je me sens en pleine forme ! En tant que photographe en herbe, j’en prends plein les yeux et j’expérimente de nouvelles techniques et de nouveaux points de vue afin de transmettre avec le plus de réalisme possible ce que je ressens.

Et pour finir quelques photos !

La Croatie
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Le Monténégro